mercredi 4 août 2004

Féminicides au Mexique - Conseil de l’Europe.Archive

(féminicides existe depuis 1801 - D.Russell l'a repris à son compte justement pour ces disparitions et assassinats féminicides)


http://www.assembly.coe.int/ASP/NewsManager/FMB_NewsManagerView.asp?ID=559
13/08/2004
Egalité des chances
Disparition et meurtre de femmes et de jeunes filles au Mexique
A l’issue d’une mission d’information au Mexique du 9 au 13 août, la parlementaire suisse Ruth-Gaby Vermot-Mangold (SOC), qui prépare actuellement un rapport sur « la disparition et le meurtre d’un grand nombre de femmes et de jeunes filles au Mexique » pour la Commission sur l’égalité des chances de l’Assemblée, a cité deux cas concrets de ce qu’il faudrait qualifier, selon elle, de 'féminicides'. "Le 28 février 2002, Clara Hernández Martines et ses quatre enfants sont morts dans un incendie allumé par un oncle, à Ciudad Juárez. Il déclare avoir mis le feu car elle l’avait traité d’homosexuel. Le 22 septembre 2002, le corps d’Erika Pérez Escobedo est retrouvé sur le bord d’une route, à Ciudad Juárez. Bien que le cadavre présente des marques d’abus sexuel et de strangulation, le procureur affirme que le décès est dû à une overdose et classe l’affaire," a expliqué Mme Vermot-Mangold. (suite...)
 Interview de Ruth-Gaby Vermot-Mangold


Cette interview est libre de droit pour publication par votre rédaction http://www.coe.int/t/f/com/dossiers/interviews/20040804_interv_mangold.asp
Disparition de femmes au Mexique : le Conseil de l’Europe ne relâchera pas sa pression tant que ces crimes ne seront pas élucidés.
Ruth-Gaby Vermot-Mangold (Suisse, SOC), membre de la Commission sur l’égalité pour les hommes et les femmes de l’Assemblée parlementaire, se rendra au Mexique, du 9 au 13 août 2004, dans le cadre d’une mission d’information sur la disparition dans le pays de centaines de femmes et de jeunes filles. Elle attend du gouvernement mexicain qu’il s’engage à retrouver et à condamner les auteurs de ces enlèvements et meurtres de femmes et à faire respecter les droits des femmes.
Interview (04.08.2004)
Question : Dans quel état d’esprit êtes-vous à laveille de votre départ, sachant qu’en dix ans, plusieurs centaines de femmes et de jeunes filles ont disparu au Mexique et que les enlèvements continuent dans une totale impunité ?
Ruth-Gaby Vermot-Mangold : En tant que femme luttant pour les droits des femmes, je suis alarmée et bouleversée par les nombreuses disparitions de femmes et de jeunes filles dans les régions de Ciudad Juarez et de Chihuahua. J'appréhende de me rendre au Mexique, car la situation est des plus préoccupantes, mais je trouve remarquable que le Conseil de l’Europe, par le biais de sa Commission sur l’égalité des chances pour les hommes et les femmes, décide de s’occuper officiellement de la question. Je pars très déterminée à comprendre les raisons et l’ampleur de ce fléau. Je veux être confrontée à la réalité du terrain, aussi terrible soit-elle. Rencontrer les familles des victimes, voir où celles-ci sont enterrées et surtout dialoguer avec les organisations de femmes mexicaines qui sont une source précieuse d’informations, au-delà de la parole officielle.
Question : Une proposition de recommandation de l’Assemblée parlementaire dénonçait en février 2004 l’immobilisme des autorités mexicaines sur la question et les invitait à respecter leurs engagements internationaux en faveur des femmes. Quels sont vos objectifs lors de ce voyage ?
Ruth-Gaby Vermot-Mangold : Il paraît très clair que pendant longtemps le gouvernement mexicain n’a pas voulu révéler ces crimes. Aujourd’hui il est conscient que ces disparitions à Ciudad Juarez et Chihuahua ternissent l’image du pays. A nous de rencontrer les autorités politiques et judiciaires mexicaines et d’entamer un dialogue assez critique tout en soutenant les efforts déjà entrepris. Nous devons faire comprendre au gouvernement que le Conseil de l’Europe ne relâchera pas sa pression tant que ces crimes ne seront pas élucidés. La justice mexicaine doit s’occuper des dossiers des disparues sous peine de faire du pays un Etat de non-droit. Une politique de prévention et d’aide aux familles des victimes doit également être mise en place par le gouvernement qui doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les femmes, souvent très pauvres, qui travaillent dans les maquiladoras où elles subissent les violences des hommes.
Question : Quel rôle peut avoir la Commission que vous représentez dans la lutte contre cette violence ?
Ruth-Gaby Vermot-Mangold : Il ne suffit pas de dénoncer le sort réservé aux femmes mexicaines. Si le pays a besoin d’aide pour mettre en place des projets destinés à améliorer leur situation, il est du devoir du Conseil de l’Europe d’appuyer ces demandes. La Commission sur l’égalité des chances pour les hommes et les femmes a une grande compétence en matière de droit des femmes. Elle doit la mettre au service la société civile et des organisations de femmes mexicaines qui font un travail extraordinaire sur place. Elle doit aussi leur servir de relais afin de garantir la diffusion de l’information sur la situation des femmes au Mexique et ainsi maintenir la pression qui seule fera avancer les choses.